La société civile de Bapwele-Mayuano, dans le territoire de Mambasa en Ituri, tire la sonnette d’alarme sur une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire dans la zone d’Elake Nord. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 28 mai 2026, les forces vives locales dénoncent la présence d’hommes armés assimilés aux rebelles ADF dans plusieurs zones agricoles situées à près de trois heures de marche des villages Bango et Mayuano, en chefferie de Babila-Bakwanza.
Selon cette structure citoyenne, les premiers mouvements suspects auraient été signalés depuis le 23 mai dernier par des cultivateurs de la région. Ces derniers affirment avoir aperçu des hommes armés dans les profondeurs des champs, où ces assaillants imposeraient désormais des taxes illégales aux paysans souhaitant accéder à leurs propres terres agricoles.
« Ils exigent 30 000 francs congolais par personne ainsi que 25 dollars américains par hectare et par an », a révélé André Kakule Stevin, président de la société civile de Bapwele/Mayuano, s’appuyant sur plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants.
Cette situation provoque une psychose croissante parmi les populations locales, dont la majorité dépend essentiellement de l’agriculture pour sa survie. Craignant pour leur sécurité, plusieurs agriculteurs hésitent désormais à se rendre dans leurs champs, au risque d’aggraver davantage les difficultés économiques des familles rurales.
Les forces vives redoutent que cette présence répétée des hommes armés dans la zone d’Elake Nord ne constitue le début d’une nouvelle menace sécuritaire dans cette partie du territoire de Mambasa, déjà éprouvée par des attaques rebelles et des massacres de civils ces dernières années.
Face à cette alerte, la société civile appelle les forces de défense à intervenir rapidement afin de prévenir toute détérioration de la situation. André Kakule Stevin plaide notamment pour l’organisation des opérations militaires de traque contre ces présumés rebelles.
« Nous demandons à la coalition FARDC-UPDF d’intensifier les patrouilles terrestres et aériennes pour neutraliser l’ennemi avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, les forces vives exhortent également les groupes d’autodéfense Wazalendo à renforcer leur mobilisation aux côtés des forces loyalistes afin de sécuriser les entités de Bango, Mayuano et Some PK26.
La société civile invite enfin la population à collaborer étroitement avec les services de sécurité et à ne céder ni aux intimidations ni aux manipulations des groupes armés.
Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans plusieurs localités du territoire de Mambasa, où les habitants continuent de vivre dans la peur permanente des incursions rebelles et des violences armées.
RK.
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