La localité de Salate, située dans la province de Ituri, s’est réveillée dans la douleur après une violente attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 avril 2026. Le bilan provisoire fait état d’au moins un civil tué, plusieurs personnes enlevées, un camion incendié et près de huit habitations réduites en cendres.
L’attaque s’est produite à environ 95 kilomètres de Nia-Nia, sur la RN4, au cœur de la Réserve de faune à okapis, une zone déjà fragilisée par une insécurité chronique.
Selon des sources locales, les assaillants ont fait irruption aux alentours de 19 heures, semant la panique au sein de la population. Les violences ont duré plusieurs heures, jusqu’à l’aube. Pris de court, de nombreux habitants ont fui ou se sont cachés, tandis que les assaillants procédaient à des pillages systématiques, emportant marchandises, biens de valeur et bétail.
La cheffe de la localité, Anifa Potoliko, a fermement condamné cette attaque, dénonçant une nouvelle tragédie visant des civils sans défense. Elle souligne que cet épisode ravive le traumatisme de la récente attaque de Muchacha, survenue le 11 mars dernier, illustrant une inquiétante recrudescence des violences dans la chefferie des Bombo.
Sur le terrain, l’indignation est palpable. Des acteurs de la société civile, dont Kazadi Bagitu, dénoncent un retard d’intervention des forces de sécurité malgré des alertes précoces. Ils pointent une faille dans le dispositif sécuritaire et appellent au renforcement urgent de la présence militaire pour prévenir de nouvelles attaques.
Face à cette situation, plusieurs familles ont abandonné leurs habitations, se dirigeant vers Epulu et Badengaido à la recherche de sécurité. Ces déplacements massifs témoignent de l’ampleur du traumatisme et de la détresse des populations affectées.
Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont été déployées dans la zone pour tenter de sécuriser la RN4 et rétablir l’ordre. Mais pour les habitants de Salate, profondément marqués, l’urgence reste celle d’une protection durable face à un cycle de violences qui persiste.
Moïse KASHALA
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