La ville de Lubumbashi est confrontée à une mutation inquiétante du phénomène de délinquance urbaine, marquée par des méthodes de plus en plus audacieuses des groupes communément appelés « Kuluna ». Les événements survenus ce vendredi 17 avril 2026 illustrent une montée en puissance de pratiques mêlant extorsion et usurpation d’autorité, en plein cœur de la capitale cuprifère.
Aux environs de 15 heures, au quartier Kabulameshi, à l’angle des avenues Tshinyama et Panda, des jeunes se sont fait passer pour des agents de la Police de Circulation Routière (PCR). Profitant d’un important embouteillage et de l’absence d’unités officielles, ils ont improvisé la régulation de la circulation, tout en exigeant de l’argent aux conducteurs. Une mise en scène qui a surpris de nombreux usagers de la route, contraints de s’exécuter face à cette autorité factice.
Cet incident intervient quelques heures seulement après un autre fait préoccupant survenu dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril. Des groupes de Kuluna avaient alors érigé une barrière de fortune en plein centre-ville, imposant une « taxe » illégale aux automobilistes sous la menace. Cette pratique, assimilable à un racket organisé, témoigne d’un climat d’insécurité persistant, particulièrement à la tombée de la nuit.
La répétition de ces actes en si peu de temps met en évidence une évolution du phénomène Kuluna, désormais capable d’exploiter aussi bien les failles sécuritaires nocturnes que les dysfonctionnements en pleine journée. L’usurpation des fonctions de la PCR et l’occupation illégale de la voie publique traduisent une remise en cause de l’autorité de l’État dans certains espaces stratégiques de la ville.
Face à cette situation, l’urgence d’un renforcement visible et constant de la présence policière se fait de plus en plus pressante. Plusieurs observateurs appellent également à des mesures dissuasives pour enrayer cette dynamique et restaurer la sécurité des citoyens, condition essentielle au bon fonctionnement des activités socio-économiques dans la ville.
Moïse KASHALA
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