La justice congolaise a posé un acte d’autorité ce lundi 26 janvier 2026 à Lubumbashi.
Siégeant en matière répressive et en procédure de flagrance, la Cour d’appel du Haut-Katanga a rendu un verdict retentissant dans une affaire de corruption impliquant trois magistrats en fonction, ébranlant profondément le système judiciaire.
Les juges Zantoko Mayikila Hervé et Mbele Lalo Christophe, en poste à la Cour d’appel de Kalemie, ont été condamnés chacun à 36 mois de servitude pénale principale, soit trois ans de prison ferme.
Le troisième magistrat, Asanga Kabalo Raphaël, a écopé de 15 mois d’emprisonnement.
Dans ce même dossier, le commerçant Kafwimbi Kiwele Joseph, identifié comme l’auteur de la corruption, a été condamné à 24 mois de servitude pénale, confirmant l’existence d’un pacte corruptif entre les parties.
Au-delà des peines d’emprisonnement, la Cour a prononcé des sanctions complémentaires sévères, traduisant sa volonté de restaurer l’intégrité de la justice :
- Perte des droits civiques
- Interdiction d’exercer toute fonction publique
- Exclusion des marchés publics pour une durée de cinq ans
Ces mesures visent à dissuader toute récidive et à renforcer la confiance du public dans l’institution judiciaire.
Les faits remontent au mois de décembre 2025 à Kalemie.
Le commerçant Kafwimbi Kiwele Joseph était poursuivi pour tentative de viol sur sa belle-fille, épouse de son fils.
Après un acquittement en première instance, la Cour d’appel avait prononcé une peine de six mois de servitude pénale assortis d’une assignation à résidence, une décision jugée non conforme aux exigences légales au regard de la gravité des faits.
Cette décision controversée avait suscité une réaction immédiate du ministère public, qui avait dénoncé un arrêt insuffisamment coercitif et évoqué de graves soupçons de corruption au sein de la juridiction.
Par ce verdict, la justice congolaise entend adresser un message clair :
aucun magistrat n’est au-dessus de la loi.
Ce procès, qualifié d’historique par plusieurs observateurs, marque un tournant dans la lutte contre la corruption judiciaire en République démocratique du Congo et renforce l’exigence de redevabilité au sein de l’appareil judiciaire.
Un pas décisif vers une justice plus crédible, au service exclusif du peuple congolais.
Dan Banze lwaba
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