La crise interne qui secoue l’Action pour la Rupture et le Développement (ARDEV) a franchi un nouveau seuil de tension ce mercredi à Lubumbashi. Des échauffourées ont éclaté au siège interfédéral du parti, situé sur l’avenue Mpolo, entraînant l’intervention de la Police nationale congolaise (PNC), qui a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les militants présents sur les lieux.
À l’origine de ces incidents, une bataille de leadership qui oppose deux factions rivales au sein de cette formation politique proche de l’Union Sacrée de la Nation. Depuis la démission de Jacques Kyabula Katwe de ses fonctions de gouverneur du Haut-Katanga, l’ARDEV est confrontée à une profonde crise de succession ayant conduit à un dédoublement de ses structures dirigeantes.
Selon plusieurs sources concordantes, des militants fidèles à Jacques Kyabula, conduits par le député provincial Samuel Kilolo, ont tenté de reprendre le contrôle du siège du parti occupé par les partisans de John Ngandu Kaswamanga, qui revendique la direction interfédérale de l’ARDEV dans la province. La situation a rapidement dégénéré, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre.
Les proches de Jacques Kyabula dénoncent une intervention policière qu’ils jugent disproportionnée et accusent les autorités provinciales d’être impliquées dans ce qu’ils considèrent comme une tentative de prise de contrôle politique du parti. Ils pointent particulièrement le ministre provincial de l’Intérieur, Martin Kazembe, accusé de soutenir la faction dissidente.
« Martin Kazembe n’a aucune qualité pour installer une direction parallèle au sein de l’ARDEV », a déclaré le Dr Jean Rick, chargé de la mobilisation du parti, qui estime que les autorités provinciales s’ingèrent dans les affaires internes de la formation politique.
Cette nouvelle escalade révèle les profondes fractures qui traversent actuellement l’ARDEV et, plus largement, certaines composantes de la majorité présidentielle dans le Haut-Katanga. Alors que les deux camps continuent de revendiquer la légitimité de la direction du parti, aucun compromis ne semble se dessiner à court terme.
À ce stade, les autorités n’ont communiqué aucun bilan officiel des incidents survenus au siège du parti. Toutefois, ces événements témoignent d’un climat politique de plus en plus tendu dans la province, où les rivalités internes prennent désormais une tournure publique et parfois violente.
Rédaction
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