Henock Mukela Kasongo, cadre du parti politique ARDEV et proche du gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula, a été révoqué de la fonction publique provinciale. La décision a été prise par le gouverneur intérimaire de la province, Martin Kazembe, mettant fin à ses fonctions de chef d’équipe mobile à la Brigade anti-fraude.
D’après le procès-verbal de clôture de l’action disciplinaire, signé le 16 décembre 2025 et consulté ce mardi par Top Congo FM, l’autorité provinciale reproche à l’intéressé des faits de tribalisme, des actes immoraux ainsi que des imputations dommageables à l’encontre de Dany Banza, membre de l’ACO, et de Romilus Kisambe, conseiller du président du Sénat.
Le document fait également état de propos injurieux et de grossièretés tenus par Henock Mukela à l’égard de ces personnalités, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, suscitant une vive controverse au sein de l’opinion publique du Haut-Katanga.
Pour justifier cette sanction, le gouverneur intérimaire invoque les articles 9, 27 et 35 du règlement d’administration relatif à la discipline, ainsi que les articles 6, 9 et 15 du Code de conduite de l’agent public de l’État, estimant que les faits constituent une violation grave des obligations professionnelles, notamment le devoir de réserve, de neutralité et de respect.
Contacté par Top Congo FM, Henock Mukela Kasongo a confirmé l’authenticité du document portant sa révocation. Tout en reconnaissant la décision, il affirme qu’elle serait motivée par des considérations politiques.
« Effectivement, comme j’attaque trop Moïse Katumbi, Dany Banza et d’autres, il a décidé de me révoquer de mon travail. Je ne peux pas faire un bras de fer avec le gouverneur intérimaire. J’ai accepté la décision et j’ai signé le procès-verbal. J’attends qu’on me verse mes droits, car j’ai plus de 20 ans de carrière au sein du gouvernement provincial », a-t-il déclaré.
Il précise avoir été suspendu auparavant pendant trois mois avec privation de salaire, avant d’être révoqué peu après sa reprise de service, une situation qu’il juge injuste mais à laquelle il dit se conformer.
Cette affaire relance le débat sur les limites de l’expression publique des agents de l’État, la neutralité de l’administration et l’usage des sanctions disciplinaires dans un contexte politique provincial marqué par de fortes tensions.
MOÏSE KASHALA
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