Alors que le monde célébrait la fête de Noël, des milliers de réfugiés congolais ont vécu une journée de cauchemar au camp Musenyi 2, situé dans la province de Rutana, au sud du Burundi. Fuyant l’insécurité persistante provoquée par l’avancée du groupe armé M23 dans la province du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Bukavu et Uvira, ces populations déjà fragilisées ont été frappées par une nouvelle épreuve : une calamité climatique dévastatrice.
Dans la journée du jeudi 25 décembre 2025, de violentes pluies diluviennes se sont abattues sur le camp, provoquant d’importants dégâts matériels. Des abris de fortune, principalement constitués de tentes et de hangars précaires, ont été emportés ou gravement endommagés par les intempéries. Résultat : des centaines de familles, dont un grand nombre d’enfants, de femmes enceintes et de personnes âgées, se sont retrouvées sans protection, exposées au froid, à la pluie et aux risques sanitaires.
Ce drame vient aggraver une situation humanitaire déjà alarmante. Depuis plusieurs semaines, l’intensification des combats dans l’est de la République démocratique du Congo pousse des milliers de civils à traverser la frontière burundaise dans l’espoir de trouver refuge et sécurité. Mais à Musenyi 2, la surpopulation, le manque de ressources, l’insuffisance d’infrastructures adéquates et désormais les aléas climatiques rendent la survie quotidienne extrêmement difficile.
Des sources locales et humanitaires alertent sur les risques imminents de maladies, notamment chez les enfants, en raison de l’humidité persistante, de l’insalubrité et du manque d’accès aux soins de santé. À cela s’ajoute l’insécurité alimentaire, alors que de nombreux réfugiés ont perdu le peu de biens qu’ils avaient pu emporter lors de leur fuite.
Ce Noël tragique, loin de toute célébration, symbolise la détresse profonde des populations civiles victimes collatérales d’un conflit qui perdure dans l’est de la RDC. Face à l’ampleur de la crise, les réfugiés appellent à une intervention urgente des autorités burundaises, des agences humanitaires et de la communauté internationale, afin de fournir des abris d’urgence, une assistance alimentaire et des soins médicaux appropriés.
En attendant, à Musenyi 2, la fête de la Nativité s’est transformée en une lutte acharnée pour la survie, dans un contexte d’extrême vulnérabilité, rappelant une fois de plus le coût humain élevé de la guerre du M23 dans la région des Grands Lacs.
Moïse KASHALA
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