La tension monte au Nord-Kivu après une réunion tenue le 12 février 2026 à Goma entre les autorités de fait de la coalition AFC-M23 et les responsables des sociétés de gardiennage opérant dans les zones sous occupation. Au centre des préoccupations : de nouvelles conditions imposées à ces entreprises pour poursuivre leurs activités, jugées « intenables » par plusieurs acteurs locaux.
Selon les Conseils communaux de la jeunesse de Goma et Karisimbi ainsi que le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru, ces exigences pourraient conduire à la fermeture pure et simple des sociétés de gardiennage congolaises, ouvrant la voie à un monopole au profit de la société rwandaise NEVIS.
Les structures de jeunesse estiment que plus de 80 000 jeunes employés dans les territoires de Goma, Nyiragongo, Rutshuru et Masisi risquent de perdre leur travail si ces entreprises cessent leurs activités. Une situation qui, selon elles, entraînerait des conséquences sociales dramatiques dans une province déjà fragilisée par l’insécurité et la crise économique.
« Cette décision risque de jeter des milliers de jeunes dans la rue et de plonger leurs familles dans une précarité sans précédent », alertent les représentants de la jeunesse, qui redoutent une montée du chômage et de l’instabilité sociale.
Les conseils de jeunesse dénoncent un projet visant à remplacer les travailleurs congolais par des recrues formées au Rwanda et intégrées dans les dispositifs sécuritaires sous contrôle de la coalition AFC-M23. Ils pointent également du doigt certains investisseurs congolais qu’ils accusent de soutenir cette dynamique au détriment des intérêts de la jeunesse locale.
Pour ces structures, la fermeture des sociétés locales au profit d’une entreprise étrangère constituerait une atteinte grave à l’économie provinciale et à la souveraineté socio-économique de la région.
Face à ce qu’ils qualifient de « séisme socio-économique imminent », les Conseils communaux de la jeunesse de Goma, Karisimbi et le Conseil territorial de Rutshuru appellent les organisations nationales et internationales ainsi que les syndicats des travailleurs à s’impliquer activement dans ce dossier.
Ils demandent un plaidoyer urgent en faveur de la protection de l’emploi des jeunes et du respect des droits socio-économiques des populations vivant dans les zones sous occupation.
Dans un contexte sécuritaire déjà précaire au Nord-Kivu, cette affaire pourrait raviver les tensions sociales et accentuer la défiance d’une jeunesse qui s’interroge : si la population est réellement au centre des préoccupations des autorités de fait, pourquoi adopter une mesure susceptible de compromettre l’avenir de dizaines de milliers de jeunes ?
Rédaction
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