La commune rurale de Fungurume, dans la province du Lualaba, est secouée par une série d’actes de justice populaire ayant coûté la vie à au moins six personnes en l’espace de deux semaines. Ces violences sont liées à des rumeurs persistantes de vol d’organes génitaux, largement relayées sur les réseaux sociaux et à l’origine d’une psychose au sein de la population.
Selon plusieurs sources locales, des individus accusés d’être impliqués dans ces supposés vols ont été pris à partie par des foules en colère et lynchés publiquement, sans qu’aucune preuve ne soit établie. Pourtant, les autorités provinciales ainsi que la police nationale ont formellement démenti l’existence de tels faits.
La société civile locale déplore ces dérives et souligne que ces accusations, souvent propagées sans vérification, conduisent à des drames humains.
« Six personnes ont été tuées par la justice populaire à la suite d’une rumeur. C’est triste parce qu’hier encore, nous avons vécu la même scène. Malheureusement, la personne est décédée. La police est arrivée sur les lieux, mais c’était déjà trop tard », a déclaré Gauthier Kavwamba, cadre de la société civile.
Il précise que certaines accusations se sont révélées totalement infondées après vérification.
« Il y a des gens qui accusent les autres, parfois faussement. Quand on a vérifié avec la police, ceux qui disaient que leur organe était parti avaient accusé quelqu’un d’autre à tort. Après que ces personnes ont été brûlées, nous comptons aujourd’hui un bilan de six morts et deux blessés, actuellement hospitalisés ici localement », a-t-il ajouté.
Face à cette situation alarmante, la société civile appelle à la responsabilité collective et à une réaction plus rapide des forces de l’ordre afin d’éviter de nouveaux drames.
« J’exhorte les autorités à déployer davantage d’énergie pour répondre promptement à chaque appel. Lorsque la police reçoit une alerte, elle doit intervenir le plus tôt possible avant que le pire n’arrive. À la communauté, nous demandons de rester prudente. Quand quelqu’un crie qu’on vient de lui voler son organe génital, il faut d’abord vérifier les faits. Si nécessaire, la personne qui accuse et celle qui est accusée doivent être conduites au commissariat, plutôt que de pratiquer la justice populaire, qui est interdite par les lois de la République », a-t-il insisté.
Cette situation met en lumière les dangers des rumeurs et de la désinformation, qui peuvent rapidement conduire à des violences collectives aux conséquences tragiques.
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