L’Union européenne hausse le ton face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. En visite officielle à Kinshasa, la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire et de la gestion des crises, Hadja Lahbib, a adressé un message ferme aux autorités rwandaises, dénonçant la poursuite des opérations militaires attribuées au Rwanda sur le territoire congolais.
À l’issue de son entretien avec le président congolais Félix Tshisekedi, la responsable européenne a annoncé son déplacement imminent à Kigali.
« Je me rendrai au Rwanda. Là, je souhaite mettre les autorités devant leurs responsabilités », a-t-elle déclaré.
Le message de l’Union uropéenne à l’administration du président Paul Kagame est sans équivoque : cesser toute agression contre la RDC et contribuer activement à la désescalade régionale.
Dans le même temps, Bruxelles a annoncé une enveloppe supplémentaire de plus de 81 millions d’euros d’aide humanitaire destinée à soutenir les populations affectées par les violences dans l’est congolais.
Cette assistance vise notamment :
Les déplacés internes fuyant les affrontements ; l’accès à l’alimentation et à l’eau potable ; les soins de santé d’urgence ; la protection des civils, en particulier les femmes et les enfants.
L’intensification des combats dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a aggravé une crise déjà chronique, provoquant de nouveaux déplacements massifs et accentuant les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali.
La démarche de l’Union européenne s’inscrit dans un contexte de pressions internationales croissantes contre Kigali, régulièrement accusé par Kinshasa et plusieurs rapports d’experts d’apporter un soutien militaire aux groupes armés opérant dans l’est congolais.
En se rendant à Kigali, Hadja Lahbib entend non seulement transmettre les préoccupations de Bruxelles, mais également rappeler les engagements internationaux en matière de respect de la souveraineté des États et de protection des populations civiles.
Alors que la crise atteint un niveau critique, l’initiative européenne pourrait marquer un tournant diplomatique. Reste à savoir si cette pression politique, combinée au soutien humanitaire, suffira à infléchir la dynamique sécuritaire dans une région où les rivalités historiques et les intérêts géostratégiques demeurent profondément enracinés.
L’est de la RDC reste ainsi au cœur d’un bras de fer régional dont les premières victimes demeurent les civils.
Rédaction
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