Face à la confirmation de plusieurs cas de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, les autorités sanitaires de Nia-Nia ont renforcé leur dispositif de surveillance. L’objectif est clair : empêcher l’introduction et la propagation du virus dans cette zone stratégique du territoire de Mambasa.
Située sur la Route nationale n°4 (RN4), l’agglomération de Nia-Nia est considérée comme un couloir de forte mobilité entre Bunia et plusieurs localités de la province. Cette position géographique en fait un point particulièrement exposé aux risques de transmission.
Le médecin chef de la zone de santé de Nia-Nia, le docteur Joseph Pemanakue, alerte sur la dangerosité de cette situation, rappelant que les déplacements fréquents des populations favorisent la circulation du virus.
« Étant donné que nous sommes sur la RN4, il est facile de venir de Bunia jusqu’à Nia-Nia. La circulation est très intense et cela augmente le risque de propagation de la maladie à virus Ebola », a-t-il expliqué.
Selon lui, la population doit immédiatement renforcer l’application des mesures barrières pour limiter tout risque de contamination.
Le responsable sanitaire précise également que la souche actuellement identifiée est différente de celles déjà connues lors des précédentes épidémies dans la région. D’après les analyses, il s’agit d’une variante venue d’Ouganda, pour laquelle aucun traitement spécifique ni vaccin ciblé n’est encore disponible à ce stade.
Dans ce contexte, les autorités sanitaires recommandent d’éviter les contacts physiques comme les poignées de main et les embrassades, de ne pas consommer des animaux retrouvés morts en brousse, et de signaler rapidement tout cas suspect aux structures de santé les plus proches.
La société civile de l’Ituri exprime également de vives inquiétudes. Son coordonnateur, Dieudonné Lossa, redoute une aggravation de la situation dans une province déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations.
Cette mobilisation intervient alors que le ministre de la Santé publique, le docteur Samuel Roger Kamba, est arrivé à Bunia pour évaluer la riposte contre cette 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en République démocratique du Congo.
Sur place, il a symboliquement procédé au lavage des mains à son arrivée à l’aéroport, appelant au respect strict des mesures d’hygiène, tout en annonçant le renforcement des moyens logistiques et médicaux dans les zones touchées.
Enfin, les analyses de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) confirment qu’il s’agit de la souche Bundibugyo, déjà identifiée en 2012 à Isiro. Les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mungwalu figurent actuellement parmi les foyers concernés par cette nouvelle flambée épidémique.
RK
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