Détenu à Kinshasa depuis plusieurs mois, Constant Mutamba est sorti de son silence pour s’exprimer sur le processus de dialogue national en perspective en République démocratique du Congo. Se présentant comme le chef de file de l’opposition républicaine, l’ancien ministre de la Justice conditionne toute participation à des engagements clairs et mesurables, excluant toute démarche fondée sur de simples déclarations d’intention.
Dans une prise de position ferme, l’opposant exige en priorité une décrispation politique effective, incluant la libération des opposants et leaders d’opinion non armés qu’il qualifie de victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes. Il appelle également à des garanties de sécurité crédibles pour permettre le retour au pays des acteurs politiques contraints à l’exil, ainsi qu’à une conduite sincère et de bonne foi du dialogue à venir.
Constant Mutamba met en garde contre un dialogue vidé de son sens. Selon lui, le processus ne doit ni déboucher sur un partage du pouvoir, ni servir de mécanisme de réhabilitation politique pour des groupes armés. Dans un ton sans concession, il affirme que « soixante-six ans après l’indépendance, l’État congolais n’a plus besoin de comédiens opportunistes ».
Se décrivant comme l’un des opposants les plus brimés par le système, Mutamba soutient avoir été condamné injustement, arrêté en violation de la loi et privé de ses droits fondamentaux. Il affirme avoir subi des humiliations ainsi que des pressions morales et physiques. Malgré ces épreuves, il dit avoir fait le choix de rester en République démocratique du Congo, par patriotisme, rejetant aussi bien l’exil que la lutte armée.
L’opposant cite Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Adolphe Muzito comme des figures d’une opposition pacifique attachée à la voie démocratique.
Ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba est détenu depuis 154 jours. Il conclut en affirmant être privé de sa liberté pour avoir, selon ses termes, refusé « le système mafieux » et dénoncé « l’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo ».
Doly Muntu, depuis Kananga.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager votre avis sur cet article !
Laisser un commentaire