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Constitution : Jean-Thierry Monsenepwo démonte point par point la déclaration de la CENCO | Africa Monde

Constitution : Jean-Thierry Monsenepwo démonte point par point la déclaration de la CENCO

Dans sa Tribune n°106, Jean-Thierry Monsenepwo Mototo livre une contre-analyse détaillée de la récente déclaration de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), estimant que celle-ci, bien que fondée sur des préoccupations légitimes, comporte plusieurs faiblesses juridiques, mét...
Jean-Thierry Monsenepwo Mototo , acteur politique en RDC
Jean-Thierry Monsenepwo Mototo , acteur politique en RDC

Dans sa Tribune n°106, Jean-Thierry Monsenepwo Mototo livre une contre-analyse détaillée de la récente déclaration de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), estimant que celle-ci, bien que fondée sur des préoccupations légitimes, comporte plusieurs faiblesses juridiques, méthodologiques et politiques.

L'auteur reconnaît d'emblée la gravité de la situation sécuritaire, sociale et politique que traverse la République démocratique du Congo. Toutefois, il considère que la CENCO opère un glissement discutable en passant d'un constat national réel à une accusation politique dirigée principalement contre les institutions en place.

Concernant la guerre dans l'Est du pays, Jean-Thierry Monsenepwo estime que le diagnostic des évêques est juste mais incomplet. Selon lui, la déclaration ne met pas suffisamment en lumière la responsabilité du Rwanda et des autres acteurs extérieurs impliqués dans l'agression de la RDC. Il juge qu'en période de guerre, la priorité devrait être le renforcement de la cohésion nationale face à l'ennemi plutôt que l'accentuation des divisions politiques internes.

L'analyste relève également que la CENCO reconnaît les efforts entrepris par le gouvernement dans les domaines des infrastructures, de l'éducation, de la santé et du développement social, mais qu'elle minimise ensuite cette reconnaissance en insistant principalement sur la persistance de la pauvreté. Pour lui, toute évaluation objective devrait tenir compte de l'héritage de plusieurs décennies de crises, des effets de la guerre et des contraintes budgétaires auxquelles l'État demeure confronté.

S'agissant du débat sur la Constitution, Jean-Thierry Monsenepwo conteste les accusations selon lesquelles le pouvoir mènerait une campagne visant à modifier la Loi fondamentale. Il estime qu'une telle affirmation nécessite des preuves tangibles et juridiquement établies, lesquelles ne figurent pas clairement dans le document de la CENCO.

L'auteur s'attarde également sur la loi relative au référendum, rappelant qu'un texte organisant une consultation populaire ne constitue pas en lui-même une révision constitutionnelle. Selon lui, le véritable enjeu réside dans le contenu d'un éventuel référendum et non dans l'existence de l'instrument référendaire lui-même.

Abordant l'article 220 de la Constitution, il soutient que celui-ci protège certaines dispositions fondamentales mais ne saurait être interprété comme une interdiction totale de toute réflexion sur les réformes institutionnelles. À ses yeux, plusieurs questions liées à l'organisation de l'État ou à la modernisation des institutions peuvent être débattues sans remettre en cause les principes constitutionnels protégés.

Jean-Thierry Monsenepwo considère par ailleurs comme prématurées les allégations faisant état d'une volonté d'accorder un troisième mandat au Président de la République. Il souligne qu'aucun projet officiel ne prévoit actuellement une modification du nombre ou de la durée des mandats présidentiels.

L'analyste critique également les mises en garde de la CENCO concernant un risque de balkanisation ou de guerre civile en cas de réforme constitutionnelle. Selon lui, de telles affirmations risquent de radicaliser davantage le débat public au lieu de favoriser un dialogue serein et rationnel.

Sur la question des manifestations politiques, il estime que la déclaration des évêques présente une lecture partielle de la situation. Il plaide pour une analyse prenant en compte à la fois les éventuels abus des forces de l'ordre et les responsabilités de certains acteurs politiques ou manifestants impliqués dans des actes de violence.

Enfin, tout en saluant l'initiative du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble » portée par la CENCO et l'ECC, il considère qu'un dialogue véritable ne peut exclure d'avance certains sujets du débat national dès lors qu'ils sont abordés dans le respect de la Constitution et des procédures légales.

En conclusion, Jean-Thierry Monsenepwo affirme que la CENCO est pleinement dans son rôle lorsqu'elle alerte sur les dangers qui menacent la nation. Toutefois, il estime qu'elle ne peut se substituer aux institutions compétentes dans l'interprétation du droit constitutionnel. Selon lui, la priorité actuelle doit rester la défense de l'intégrité territoriale, le renforcement de l'unité nationale et la préservation de la République face aux défis sécuritaires et géopolitiques auxquels le pays est confronté.

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