Le Président Félix Tshisekedi a opté pour une approche inhabituelle lors de sa récente conférence de presse en donnant la parole à plusieurs membres du gouvernement afin qu’ils répondent directement aux préoccupations techniques soulevées par les journalistes. Une démarche qui traduit la volonté de la Présidence d’afficher une gouvernance plus collective et une responsabilisation accrue des ministres sur les dossiers relevant de leurs compétences.
Au cours des échanges, le ministre de l’Intérieur a été amené à clarifier la position du gouvernement sur la présence des « Mbororo » dans plusieurs provinces du nord du pays, notamment le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé. Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, pour sa part, est revenu sur l’inauguration des modules II et III de l’usine d’Ozone, présentée comme une réponse aux besoins croissants en eau potable dans neuf communes de Kinshasa.
Le ministre des Finances est également intervenu sur des questions liées à la régularité de la paie des agents et fonctionnaires de l’État, ainsi qu’à la retenue de 5 % destinée à la CNSSAP, un sujet qui suscite régulièrement des interrogations au sein de l’administration publique.
À travers cette organisation, le chef de l’État semble vouloir instaurer une communication institutionnelle davantage axée sur la compétence sectorielle. En laissant les ministres défendre eux-mêmes leurs dossiers, la Présidence projette l’image d’un exécutif où chaque responsable assume publiquement la gestion de son portefeuille.
Cette stratégie présente plusieurs enjeux politiques et institutionnels. D’un côté, elle permet au Président de se concentrer sur les orientations générales et d’éviter de s’enliser dans les détails techniques souvent sujets à controverse. De l’autre, elle place les ministres sous les projecteurs, les exposant directement à l’évaluation de l’opinion publique et des médias.
Les sujets abordés touchent à des préoccupations majeures de la population congolaise : sécurité communautaire dans le Grand Nord, accès à l’eau potable dans la capitale et pouvoir d’achat des fonctionnaires. En mettant ces dossiers au centre de la conférence de presse, le pouvoir entend visiblement démontrer sa réactivité face aux attentes sociales.
Toutefois, pour plusieurs observateurs, la portée de cette démarche dépendra surtout des résultats concrets qui suivront les déclarations publiques. Car au-delà de la communication politique, les Congolais attendent des améliorations visibles dans leur quotidien.
Thérèse Nkwo
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager votre avis sur cet article !
Laisser un commentaire