La tension demeure palpable autour du projet hydroélectrique de la chute Mbombo, à Kananga. En toile de fond, un conflit larvé oppose le Bureau central de coordination (BCECO), ancien maître d’ouvrage délégué, et l’Agence nationale d’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), qui a repris la conduite du projet. Un bras de fer institutionnel dont les répercussions se font déjà sentir sur le terrain.
Selon des informations recueillies récemment, des reporters mandatés par le BCECO ont, il y a quelques semaines, réalisé des interviews de pêcheurs opérant sur la rivière Lulua, au niveau de la chute Mbombo. Les personnes interrogées ont déploré l’arrêt prolongé des travaux, évoquant des mois d’inactivité et l’impact négatif sur leurs activités et sur les attentes de la population locale en matière d’accès à l’électricité.
À la suite de la diffusion de ces témoignages, plusieurs pêcheurs affirment avoir subi des pressions et des actes d’intimidation, qu’ils attribuent au directeur régional de l’ANSER/Grand Kasaï, assisté d’éléments de la police. Ils lui reprochent notamment de leur avoir fait payer le fait d’avoir accordé des interviews jugées défavorables à l’ANSER.
Contacté par lekasaien.net, le directeur régional de l’ANSER/Grand Kasaï rejette catégoriquement ces accusations. Il nie toute traque ou intimidation et affirme n’avoir procédé qu’à un « recadrage » après la diffusion d’une interview dans l’émission Masolo Na Député, sur la chaîne Tokomi Wapi. Selon lui, le contenu diffusé relèverait d’une « déformation totale de la vérité » et d’« accusations gratuites » portées contre sa personne et contre l’ANSER.
Au-delà des versions contradictoires, cette polémique met en lumière les dysfonctionnements de gouvernance autour d’un projet stratégique pour le développement énergétique du Kasaï Central. La chute Mbombo est censée contribuer à réduire le déficit énergétique de Kananga, stimuler l’économie locale et améliorer les conditions de vie des populations riveraines.
Or, les querelles institutionnelles, les accusations croisées et la communication conflictuelle risquent de retarder davantage la relance des travaux, au détriment des bénéficiaires finaux. Plusieurs acteurs de la société civile appellent déjà à une clarification des responsabilités, à la transparence sur l’état réel du projet et à la protection des citoyens qui s’expriment sur des enjeux d’intérêt public.
Alors que le bras de fer entre le BCECO et l’ANSER semble loin de s’achever, l’opinion attend des réponses concrètes : où en est réellement le chantier ?, quand les travaux reprendront-ils ? et quelles garanties pour éviter l’instrumentalisation des populations locales ?
Pour aller plus loin dans la compréhension de ce dossier sensible, notre rédaction vous donne rendez-vous très bientôt dans la capsule “Je vous explique”, avec des éléments d’analyse et des éclairages exclusifs.
Rédaction
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