Les Centrafricains ont commencé à voter ce dimanche pour des élections générales d’envergure, marquées par des retards dans plusieurs bureaux de vote de la capitale. Le scrutin concerne à la fois l’élection présidentielle, les législatives, les municipales et les régionales.
Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, est candidat à sa propre succession et brigue un troisième mandat consécutif. Environ 2,3 à 2,4 millions d’électeurs sont appelés aux urnes entre 5h et 17h TU sur l’ensemble du territoire.
Dans plusieurs quartiers de Bangui, les opérations de vote n’ont pas débuté à l’heure prévue. Au PK5, notamment à l’école primaire Gbaya-Doumbia, d’importantes files d’attente étaient observées dès 8h30 TU (9h30 heure locale). La cause : une erreur dans la distribution des bulletins de vote pour les élections législatives, des bulletins appartenant à une autre circonscription ayant été livrés.
Cette situation a entraîné l’arrêt temporaire d’environ la moitié des bureaux de vote du centre, suscitant l’agacement d’électeurs présents depuis l’aube, mais aussi le mécontentement de certains candidats s’estimant lésés. Le problème était toutefois en cours de résolution à la mi-journée, selon les responsables électoraux.
Des retards similaires — allant de 1 heure à 1h45 — ont été signalés dans plusieurs autres centres de la capitale, en raison de la complexité du quadruple scrutin et du temps nécessaire à l’installation du matériel électoral.
Chaque électeur doit glisser quatre bulletins dans quatre urnes distinctes, identifiées par des couleurs :
- Rouge pour la présidentielle
- Bleu pour les législatives
- Blanc pour les régionales
- Gris pour les municipales
Les élections municipales et régionales constituent d’ailleurs une première depuis 1988, renforçant les enjeux logistiques et organisationnels.
Au lycée Barthélemy Boganda, autre grand centre de vote de Bangui, les opérations ont commencé avec 1h à 1h20 de retard. C’est dans ce centre que le président Touadéra est inscrit et où il a voté vers 9h30. Malgré les débuts laborieux, le déroulement du vote y était jugé globalement calme dans la matinée.
Dans le premier arrondissement, notamment à l’école Lakouanga, à la mairie centrale et au lycée technique, l’affluence est restée faible durant les premières heures, selon des observateurs et des correspondants sur place. Plusieurs citoyens auraient choisi de se rendre d’abord à l’église avant de voter.
Les responsables des centres espèrent toutefois un pic de participation entre 11h et 12h.
À Bangui, la journée électorale a fortement ralenti les activités :
- commerces majoritairement fermés,
- circulation réduite,
- fermeture temporaire des débits de boissons,
- suspension des frontières aériennes, terrestres et fluviales, conformément à un arrêté du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Malgré les retards constatés, les autorités et observateurs appellent au calme et à la patience afin de permettre le bon déroulement de ce scrutin décisif pour l’avenir politique de la Centrafrique.
Thérèse Rezia depuis Kinshasa
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