La détresse sociale des familles de militaires déplacées de Goma ne cesse de s’aggraver. Ce mardi, des centaines de veuves et d’orphelins ont manifesté devant les installations de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), à Beni, pour dénoncer leurs conditions de vie jugées inhumaines.
Ces manifestants, contraints de fuir Goma après la dégradation de la situation sécuritaire liée à l’occupation de la ville par les rebelles du M23, disent être abandonnés à leur sort depuis plus d’un an. Sans aucune rente ni assistance régulière, ils vivent dans une précarité extrême, exposés aux intempéries et à l’insécurité. Plusieurs familles dorment à la belle étoile, tandis que d’autres survivent grâce à la solidarité locale, de plus en plus insuffisante face à l’ampleur des besoins.
Sur place, les protestataires ont exprimé leur ras-le-bol à travers des chants et des messages de détresse, appelant la MONUSCO à jouer un rôle actif de médiation. Ils demandent notamment à la Mission onusienne de porter leur voix auprès des autorités congolaises afin d’obtenir le rétablissement de leurs droits, notamment le paiement des rentes dues aux familles de militaires décédés ou portés disparus.
« Nous avons tout perdu. Nos maris sont morts pour la nation, mais aujourd’hui leurs familles sont oubliées », a confié une veuve, visiblement émue. D’autres dénoncent un silence prolongé des autorités face à leur situation, malgré plusieurs démarches entreprises sans succès.
Cette manifestation met en lumière une crise humanitaire silencieuse touchant une catégorie particulièrement vulnérable, souvent en marge des dispositifs d’assistance. Elle relance également le débat sur la prise en charge des ayants droit des militaires en République démocratique du Congo, dans un contexte sécuritaire toujours volatile dans l’Est du pays.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée ni du côté des autorités, ni de la MONUSCO. En attendant, ces familles continuent de survivre dans l’espoir d’une réponse rapide à leurs revendications.
Moïse KASHALA
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