Lors d’une cérémonie de Kwibuka consacrée à la commémoration des massacres de Gatumba, l’ancien responsable rwandais Tito Rutaremara a relancé le débat sur les origines et l’identité des Banyamulenge établis au Sud-Kivu.
Dans son intervention, il a repris une position similaire à celle récemment exprimée par Mgr Gapangwa, en appelant les Banyamulenge à ne pas nier leurs liens historiques avec le Rwanda tout en assumant pleinement leur nationalité congolaise.
Selon Tito Rutaremara, les différentes dimensions de cette identité ne seraient pas incompatibles. Il estime qu’une personne peut être Munyamulenge par son histoire communautaire au Sud-Kivu, Tutsi par son appartenance ethnique, d’origine rwandaise par son histoire familiale et Congolaise par sa nationalité.
L’ancien responsable rwandais explique également que l’appellation « Banyamulenge » s’est progressivement imposée comme une identité à la fois géographique et politique. Elle aurait notamment permis à une partie des Tutsi établis depuis plusieurs générations au Sud-Kivu de se distinguer des réfugiés arrivés du Rwanda après les événements de 1959.
Pour lui, cette appellation ne devrait donc pas être comprise comme un rejet des origines rwandaises, mais plutôt comme une affirmation de l’enracinement au Congo.
Tito Rutaremara insiste ainsi sur la distinction entre origine et nationalité. Être d’origine rwandaise, parler le kinyarwanda ou appartenir à l’ethnie tutsi ne signifierait pas automatiquement être citoyen rwandais. La nationalité, rappelle-t-il, relève d’une autre réalité historique et juridique.
Il considère dès lors que nier tout lien historique avec le Rwanda reviendrait à effacer une partie de l’histoire de la communauté banyamulenge. À ses yeux, la reconnaissance des origines ne devrait pas remettre en cause le droit des Banyamulenge à se considérer comme Congolais.
Cette sortie intervient dans un contexte régional où les questions d’identité, d’origine et de nationalité restent particulièrement sensibles, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo et dans les relations entre Kinshasa et Kigali.
Le débat autour de l’identité banyamulenge demeure ainsi au cœur des discussions historiques, politiques et sécuritaires qui traversent la région des Grands Lacs.
Rédaction
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