Le journaliste Thomson Undji Batangalwa Wiliam est détenu depuis le 22 janvier 2026 à Uvira, dans des conditions jugées arbitraires, sur ordre du général autoproclamé Amuri Yakutumba. En cause : la réalisation d’une interview accordée par des responsables du mouvement rebelle M23, peu avant leur retrait de la zone d’Uvira.
Selon plusieurs sources concordantes, cette interpellation n’a été suivie d’aucune procédure judiciaire régulière, renforçant les inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux du professionnel des médias. La détention du journaliste a rapidement suscité une vive indignation au sein des organisations de défense de la liberté de la presse, tant au niveau local que national.
Pour ces organisations, l’arrestation de Thomson Undji constitue une atteinte flagrante à la liberté d’expression et au droit du public à l’information, garantis par la Constitution congolaise et par plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC.
Elles rappellent que le travail journalistique, même en contexte sécuritaire sensible, ne saurait être assimilé à une complicité avec les acteurs armés, dès lors qu’il s’inscrit dans une démarche d’information équilibrée et d’intérêt public.
« Interroger toutes les parties à un conflit est un principe fondamental du journalisme professionnel », souligne un responsable d’une organisation de presse basée à Bukavu.
Face à cette situation, de nombreuses voix exigent la libération immédiate et sans condition du journaliste, tout en appelant les autorités locales et provinciales à prendre leurs responsabilités afin de garantir sa sécurité physique et juridique.
Les acteurs des médias alertent également sur un climat de plus en plus hostile à la presse dans les zones de conflit, où les journalistes sont exposés aux intimidations, aux arrestations arbitraires et parfois à des violences graves, simplement pour avoir exercé leur métier.
Dans un contexte où l’information circule comme un oxygène fragile mais vital, plusieurs organisations plaident pour la mise en place urgente de mécanismes concrets de protection des journalistes sur le terrain : cadres de sécurité, canaux de communication avec les autorités, et respect strict du statut des professionnels des médias en période de crise.
Car, préviennent-elles, réduire au silence ceux qui informent revient à priver la population de la vérité, et à fragiliser davantage la paix et la cohésion sociale dans une région déjà meurtrie par des années d’instabilité.
Rédaction
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