Une polémique majeure agite actuellement les milieux médiatiques et judiciaires en République démocratique du Congo. L’entrepreneur Déo Kasongo a annoncé avoir engagé des poursuites judiciaires contre plusieurs journalistes et influenceurs, dont le journaliste Steve Wembi, qu’il accuse de diffamation et de diffusion d’informations non vérifiées.
L’affaire trouve son origine dans des révélations liées au fonds FRIVAO, un mécanisme public destiné à indemniser les victimes des conflits armés, notamment celles de la guerre des Six Jours à Kisangani.
Selon plusieurs publications médiatiques, un montant estimé à 1,6 million de dollars aurait été mobilisé pour la production d’un court documentaire d’environ six minutes, confié à la société DIVO, appartenant à Déo Kasongo. Cette révélation a suscité une vive indignation dans l’opinion publique, de nombreux acteurs dénonçant un coût jugé excessif.
Face à la polémique, Déo Kasongo conteste fermement ces allégations. Il affirme que son nom et celui de son entreprise ont été associés à tort à ce dossier, rappelant que le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, à l’origine des révélations, n’avait pas explicitement cité la société DIVO dans ses déclarations publiques.
Les avocats de la société DIVO dénoncent une campagne de désinformation et estiment que leur client est victime d’une atteinte grave à sa réputation. Ils confirment avoir engagé des actions judiciaires pour “imputations dommageables” et diffusion d’informations jugées infondées.
Cette affaire intervient dans un contexte où la gestion des fonds publics en RDC suscite de nombreuses interrogations. Le dossier FRIVAO est déjà au centre de critiques émanant de plusieurs organisations de la société civile, qui évoquent des soupçons d’irrégularités dans l’attribution de certains marchés.
Au-delà du cas individuel de Déo Kasongo, cette controverse relance un débat essentiel : celui de la responsabilité des médias et des influenceurs à l’ère numérique, entre liberté d’informer et exigence de vérification des faits.
Désormais saisie, la justice congolaise devra faire la lumière sur cette affaire sensible, à l’intersection de la réputation, de la transparence financière et de la crédibilité médiatique.
Dan Banze lwaba
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